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Jeudi 5 février - Pas facile de rendre compte du livre de souvenirs de Paul Veyne "Et dans l'éternité je ne m'ennuerai pas" que je viens de terminer. Il fait le récit de sa vie d'homme érudit sans chercher à l'embellir ou la noircir. Récit sincère, drôle parfois et il ne tire aucune vanité à son parcours brillant – ENS, agrégation, École de Rome, assistant puis professeur d'université pour finir professeur au Collège de France. Sans avoir fait carrière. Et maintenant octogénaire c'est l'heure du bilan et le derneir chapitre est très intime – ses femmes malgré sa déformation du visage "Je suis très laid" dit-il !, "une mienne singularité est de n’avoir jamais éprouvé de timidité à faire ma cour, malgré mon physique repoussant" dit-il encore !, le suicide de son fils,... Un homme seul, capable de lier une amitié solide néanmoins avec Michel Foucault par exemple. Ingrat parfois comme il le fut avec Raymond Aron. Encore une traver...
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Mercredi 4 février - Visite de l' église Saint- Joseph-Artisan au 214 rue de Lafayette (10ème). Encore une église construite en 1865-1866. Je suis sidéré du nombre d'églises – et pas des petites...- construites entre 1860 et 1890. Je découvre par mes promenades, mes lectures la dureté du combat durant cette période que la République laïque a du mener pour vaincre les Cléricaux. Sinon je trouve ces églises "néogothiques" toujours aussi laides... Là je voulais voir le travail du Père coréen Kim En Joong qui a réalisé cinq vitraux (2003), les seuls dans Paris, pour évoquer les cinq continents. Date et interprétation sont différentes selon les sources. Très beaux, ils portent sa marque personnelle. Très lumineux, le soleil donnant aujourd'hui j'ai eu du mal à les prendre en photo. L'histoire de cette église, liée à la colonie allemande de Paris, est intéressante – cf le lien ci-dessous. Maintenant église paroissiale bien entretenue qui a l'air de fair...
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Mardi 3 février - Trop de monde pour l'exposition sur Les Gens de Paris 1926-1936 au musée Carnavalet – toujours le surtourisme... Tant pis je visite le sous-sol consacré à l'Antiquité jusqu'au XVIe que je n'avais pas revu. Des objets de fouilles classiques – bijoux, sceaux, verrerie, terres cuites – mais je m'attarde sur les stèles funéraires juives du 13e-14e, des vitaux de saints dont Saint-Philippe, des tableaux montrant la démolition de l'église des Saints-Innocents rue Saint-Denis, la statuaire des églises médiévales, des chapiteaux romans ou des éléments du retable de Saint-Merri comme "La Cène" (1542) attribué à Pierre Berton. Véritable chef-d'oeuvre. Et puis j'admire la restauration des deux hôtels particuliers réunis. Des jardins avec de la dentelle de buis –comme j'aime. Un escalier de François Mansart (17e)avec une rampe en fer forgé d'époque. Un classicisme de bon aloi que j'admire. Toujours présent dans ce quartier...
Lundi 2 février - Chandeleur - Comme un lundi. Le soir nous avons cédé à la tradition avec un repas de crëpes et une bonne bouteille de cidre de Bretagne.
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Dimanche 1er février - Commençons le mois par cette photo, prise par Moune (le seul cousin de mon père) le 5 avril 1953 dans le jardin du Pavillon de Bécon montrant mon cousin Claude, ma sœur Françoise et moi même... Mon unique cousin Claude – que j'aimais beaucoup – décédé le 24 janvier dernier – avait 13 ans, ma sœur Françoise 3 ans et moi 5 ans ! Le pavillon de Bécon - avec notre grand-mère adorée - c'était quelque chose. Unique. Irremplaçable. Tous les trois nous nous souvenons de cette grand-mère... à jamais.
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Samedi 31 janvier - Je souhaitais "faire la rue Bonaparte" mais je suis tombé sur une journée Porte Ouverte à l'École Nationale des Beaux-Arts de Paris. J'en ai profité pour faire le tour de cette école en cours de restauration depuis des années … Ça coûte cher. L'amphithéâtre d'Honneur a ainsi retrouvé sa splendeur grâce au mécénat de Ralph Lauren. La Cour du Mûrier a retrouvé elle aussi tout son éclat avec ses statues antiques en marbre sous les arcades et une fontaine au centre. C'est l'ancien couvent des Grands-Augustins détruit pendant la Révolution avant de devenir le Musée des Monuments français.La richesse de Paris - Histoire, Architecture, Arts, etc.. - fait qu'aujourd'hui je pourrai remplir deux pages... Ce sera pour plus tard. Tant pis.
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Vendredi 30 janvier - La Galerie Templon présente les derniers tableaux de Martial Raysse . Une trentaine d'oeuvres – dont deux sculptures – monumentales pour beaucoup d'entre elles (2009-2023). Magnifique évolution d'un artiste de 89 ans qui, au début de sa carrière, avait adhéré au "Nouveau Réalisme" initié par les niçois Arman et Klein pour très vite s'en affranchir et se faire connaïtre. Je choisis évidemment "La Paix" (2023) fresque de 3 m sur 5 mètres pour son explosion de joie, de couleur qui fait un peu contrepoint à des œuvres plus pessimistes comme "La Peur" (2023) avec ses visages apeurés et un horizon en flammes (référence historique)... Un des plus grands artistes français vivant dont la côte atteint des sommets. C'est mérité. Content de découvrir son travail récent.